vendredi 25 décembre 2009

dimanche 20 décembre 2009

Jouir simple

A la question : "Qu'est-ce qui vous fait rire aujourd'hui ?" Jean-Bertrand Pontalis, philosophe et psychanalyste de 85 ans, a répondu ceci :

"Je n'aime pas beaucoup la dérision ambiante, l'esprit négatif qui s'en donne à cœur joie sans risque. C'est un refus de reconnaître ce qu'on doit aux autres. J'aime bien l'humour, parce qu'il y a de la sympathie pour l'autre dans l'humour. Alors que l'ironie peut faire très mal, c'est une forme de condescendance, de supériorité, qui ne m'est pas sympathique."

Je partage profondément cette pensée. Si nos enfants veulent connaître ce que nos parents ont connu, il faudra absolument retrouver cette insouciance du plaisir. Celui de rire, d'apprécier, sans le jugement prétentieux gonflé par un égo qui ne l'est pas moins. Rire simple, jouir simple.

Evidemment, tout a été fait, et refait, et il sera toujours plus difficile de séduire en innovant, comme faisait un Coluche ou une troupe du Splendid dont la qualité comique a connu un gouffre abyssal entre ses premiers "bronzés" et leur troisième suite, aussi vide que consternante, qui sentait plus les cachets des acteurs que l'appétit des jeunes premiers qu'ils ne sont plus depuis longtemps.

J'ai l'impression de rire moins qu'avant, mes derniers fous rires me semblent loin, les vrais, profonds, irrépressibles. Sentiment général ? Suis-je plus difficile qu'avant ? Moins naïf ? Moins insouciant ? Probablement un peu des trois, mais si ce nouveau siècle veut retrouver les valeurs de son prédécesseur, il devra retrouver la simplicité d'aimer, de vivre, de partager.

Et ceux qui vont le vivre devront se souvenir un peu plus des vents philosophes que de la bulle matérielle dans laquelle ils s'enferment. Des bulles "déshumanisantes" désormais poussées par des courants qui ressemblent plus à des vents de panique, et dont ils se protègent dans leurs univers égocentriques.

Si je partais en terre inconnue, pendant un mois au coeur d'une tribu, j'apprendrais à rire simple, avec ces gens qui remercient encore le soleil, et regardent leur interlocuteur dans les yeux, avec une flamme qui n'arrête jamais de danser dans les leurs. Une soif d'apprendre, de comprendre, de découvrir, de partager, avec l'autre.

La différence est probablement là. Avec l'autre. Et surtout, sans la peur de la gêne, ou du ridicule d'aimer l'autre. Comme si aujourd'hui, aimer l'autre devenait moins important que le juger ou lui trouver un défaut, qui justifierait notre hésitation à lui donner de l'amour, à faire confiance à sa qualité d'être et de coeur.

Il faut aimer. Aimer simple. Jouir simple. Et c'est bien plus complexe qu'on le pense.


Franck Pelé

(retrouvez l'interview intégrale de JB Pontalis, ici : http://www.telerama.fr/idees/jean-bertrand-pontalis-en-analyse-le-silence-est-la-condition-de-la-parole,46264.php)

vendredi 18 décembre 2009

Space Odyssey


Je veux du vinyle !



Le CD est mort, vive le disque vinyle ! En pleine ère numérique, le microsillon fait un retour en force. Face à la froideur immatérielle du MP3, ce bel objet au son imparfait a reconquis la fibre nostalgico-régressive des trentenaires et séduit les plus jeunes via l’electro ou la musique à papa. Un phénomène de mode qui tend à s’installer. La vente de vinyles est en hausse constante, les boutiques de disques continuent de fleurir et l’offre de platines vinyle numériques, à connecter via un port USB, explose.

Suite de l'article ici : http://www.ecrans.fr/Le-vinyle-total-plugue,8651.html


jeudi 17 décembre 2009

Feelings


Dogtooth

France Inter, Europe 1, RTL et France Culture, radios les plus podcastées

Médiamétrie a publié hier sa première étude d’audience des nouveaux modes d’écoute de la radio c'est-à-dire de l’écoute en différé, principalement via les podcasts, mais aussi du streaming-différé directement sur les sites internet des stations. En novembre 2009, 13,2 millions de podcasts ont été téléchargés en France (et 4,2 millions depuis l’étranger). Le divertissement est le genre de programmes le plus attractif (5,4 millions de téléchargements) juste avant la culture (3,1 M) et le sport (2,6M). Sur ce constat, les radios généralistes et les thématiques sont donc logiquement les plus prisées. Ainsi avec 3 728 000 programmes téléchargés, France Inter est l’antenne la plus podcastées de France, juste devant Europe 1 (3 664 000 téléchargements). Suivent France Culture (2 015 000 de téléchargements), RTL (2 006 000 de téléchargements) et RMC (1 067 000 podcasts). Du côté de l’écoute en streaming différé, Médiamétrie estime qu’en novembre 2009, 181 626 heures de radios ont été écouté en France et 54 286 depuis l’étranger. Le sport est alors le genre préféré (62 026 heures) devant l’information (54 433 heures) et les programmes non-définis (47 810 heures). Mais la deuxième partie de cette étude mesure moins de radios que la première. Aisni RMC est largement leader sur ce critère (98 250 heures) devant France Info (45 680 h), RTL (24 210 heures), Fun Radio (8 093 heures) et BFM Radio (5 068 heures). (source CB News)

vendredi 11 décembre 2009

mardi 8 décembre 2009

From Youtube to Hollywood

C'est grâce à un film au budget de 300 dollars qu'un réalisateur uruguayen inconnu, Federico Alvarez, vient de décrocher son ticket pour Hollywood. Son court-métrage Ataque de Panico sur une attaque de robots contre Montevideo est devenu un immense succès grâce à internet. Le film a été visionné 770 000 fois en quatre semaines sur Youtube. Un intérêt qui a très vite touché les studios de cinéma américains. La maison de production de Sam Raimi, Ghost House, vient d'ailleurs de signer un contrat avec le réalisateur uruguayen de 31 ans qui prend dans la foulée les commandes d'un projet de 30 millions de dollars.

"Ils m'ont proposé un contrat tellement énorme que mes agents m'ont dit de signer tout de suite, que personne ne s'alignerait sur ce prix "

Saturday night fever des bois

Manger sucré sans aucune calorie : La Stevia arrive en France

Villars vient de lancer sur le marché français une tablette de chocolat qui ne contient que 4% de sucre. Son secret ? La Stevia, une plante cultivée en Amérique Latine et en Chine qui contient notamment un édulcorant d’origine naturelle dont le pouvoir sucrant est 300 celui du saccharose, et qui a reçu l’autorisation de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) en septembre dernier. Et le marché de l’agroalimentaire s’en frotte déjà les mains puisque cette molécule contenue dans la Stevia (rebaudioside A) permet de fabriquer des produits qui ont un goût sucré mais sans aucune calorie. The Coca-Cola Company utilise déjà la Stevia depuis 2008 dans les boissons Sprite et Glacéau Vitaminwater (depuis 2009), et devrait très rapidement faire de même en France. Pepsi Co serait aussi sur la brèche. Les prochaines semaines être décisives pour tout le secteur de l’agroalimentaire.(source CB News)

A lire également :
http://www.manger-vivant.fr/stevia-sucre-diabete-obesite/

http://www.lemonde.fr/aujourd-hui/article/2009/10/16/la-stevia-produit-miracle-contre-l-obesite_1254846_3238.html

lundi 7 décembre 2009

Tais-toi le vilain c'est moi qui raconte !



Dupontel. Albert Dupontel. Un mec à part. On l'adore, on le déteste, on adore le détester, on déteste l'aimer, bref, selon la formule consacrée, il ne laisse pas indifférent. Et lui, les formules consacrées, il abhorre. Comme tout ce qui est consensuel. Dupontel, c'est une espèce d'empêcheur de tourner en rond, de penser réchauffé, un réveil-malin qui vous arrache avec coeur du sommeil dans lequel trop d'habitudes ont plongé nos esprits, pourtant encore si rebelles hier.

Rebelle, l'étiquette lui va forcément bien. Il la cultive tellement. Même si, forcément, il s'en défendrait si on lui faisait remarquer. Rebelle, comme sa façon de ne jamais être à l'aise sur un plateau télé, d'envoyer sur les roses un journaliste qui ose vouloir l'entretenir en avouant qu'il n'a pas eu le temps de voir le film. Rebelle comme ses sketches, qui l'ont révélé, et comme sa curieuse vision qu'il en donne aujourd'hui. Il en parle comme d'une période alimentaire, dans laquelle il ne prenait pas forcément un plaisir énorme.

Hyper frustrant pour ceux qui ont pleuré de rire devant sa générosité comique, une générosité jamais vue, physique et comique, à l'écriture aussi fine qu'acide, à l'esprit vif et clair. J'ai été un de ceux-là. Le bac, 30 millions de mamies, la mort, Burt le super flic, les pourris d'or, le F demi, Rambo, puis "les sales histoires" sur Canal, avec son pote Vuillermoz, c'était des fous rires comme on n'en avait plus connu depuis Coluche. La cassette vidéo de son premier spectacle, j'ai dû la voir 48 fois, avec des amis différents, ou les mêmes, et à chaque fois, c'était l'occasion de se délecter de ses petites phrases, de ses tics, de ses inventions, à chaque envolée. Son deuxième spectacle, avec l'inoubliable casquette géante de Burt le supeeeer flic, il l'a rôdé sur des scènes estivales, dont le théâtre de la mer, à Sainte-Maxime, à la toute fin des années 90. On était dans les premiers rangs, tous les aficionados des Issambres, où on passait tous nos étés, j'en avais convertis quelques-uns, il n'avait pas intérêt à se planter Albert, je l'avais vendu comme personne ! Et c'était du caviar...

Ses répliques ont été les nôtres, ses mimiques aussi, ses grimaces, sa gestuelle, pendant longtemps. Plus tard, quand il a réussi, avec Bernie, j'avais été déçu de voir avec quel dédain il traitait cette période, qui l'avait vu exploser. Il en parlait comme d'une obligation, comme si il s'excusait d'avoir fait ça, pour pouvoir enfin tutoyer le vrai monde de la comédie et du cinéma. Je trouvais que c'était un manque de respect pour ses spectacles d'alors. J'ai vu Dupontel soudainement prétentieux, et son cinéma aussi, un peu malsain, comme Bernie ( du culte, mais du discutable aussi, sur le fond) même si je me suis bien marré. Je trouvais qu'il était un peu violent, mais violent aigri, quand dans ses spectacles, je le trouvais violent poète, violent intelligent, violent dans l'esprit dénonciateur, comme Coluche, encore une fois.

Les films qui ont suivi, la maladie de Sachs, le Créateur, Enfermés dehors, n'ont pas contribué à me ramener vers la sympathie que j'avais pour lui. J'en avais toujours, énormément, mais je ne voyais plus que sa prétention rebelle, sa générosité bafouée. En fait, en avouant qu'il ne s'éclatait pas pendant sa période music-hall, c'est comme s'il m'avait volé ce qu'il m'avait donné. Et je crois que je lui en ai voulu pour ça. Jusqu'à la claque, très récente, et très forte, qu'il m'a mise avec "Deux jours à tuer". Quelle claque ce film... Le scénario comme sa prestation, du grand art. Et enfin, "Le Vilain" que je vais voir un peu par hasard au cinéma, parce que l'autre film était commencé, et là, je retrouve le Dupontel des spectacles, lunaire et attachant, malgré son inextinguible soif de violente rébellion. Vous avez aimé "le bac" ou "Burt", vous adorerez "le vilain".

Et pour en savoir un peu plus sur Albert Dupontel, lisez cet excellent article, dans le cadre de la série "Un cinéaste au fond des yeux", dans laquelle Télérama pose régulièrement les mêmes questions à un cinéaste différent :

http://www.telerama.fr/cinema/questionnaire-albert-dupontel-au-fond-des-yeux,49768.php

Avec notamment cette réponse à la question "D'où vient votre envie de faire des films ?" qui résume assez bien le personnage :

- "Une peur panique d'avoir vécu sans en informer les autres"

Une réponse que j'aurais pu faire mienne.


Franck Pelé

Monty Python


Si vous aimez les Monty Python et leur humour "irrésistiblement british so decaled", foncez sur cet article, qui vous propose nombre d'extraits de l'oeuvre géniale des bien barrés d'outre-manche, qui nous font rire depuis 40 ans.

http://www.telerama.fr/cinema/une-breve-histoire-du-rire-1-les-monty-python,49959.php

La tête au Carrey

Un ver de terre perce le fond noir de l’écran : que se passe-t-il ? Vous êtes simplement arrivés sur le site de Jim Carrey. En ligne depuis fin octobre, il propose une vraie immersion dans un univers psychédélique, assez proche de celui de Tim Burton.

De nombreuses surprises y attendent l'internaute. En cliquant sur le van qui se balance sur un tronc d’arbre, par exemple, les tentacules d’une pieuvre surgissent pour littéralement vous emporter dans un décor abracadabrantesque.

Ailleurs, la tête de Jim, scellée sur un corps d’oiseau, gazouille au rythme des clics de souris. Il suffit alors de placer le curseur dessus pour retrouver l’acteur sur Twitter. En sus, filmographie, biographie, et de nombreuses photos de ses albums de famille sont mises à disposition. Un véritable enchantement visuel. (source Télérama)

http://www.jimcarrey.com/

Mobile Film Festival

Les réalisateurs en herbe ont jusqu’au 4 janvier pour concourir au Mobile Film Festival 2010. Pour participer, il suffit d’envoyer sa vidéo directement sur le site de l’événement et de suivre cette consigne : produire un film d’une minute enregistré avec son téléphone portable.

Scénario, montage et genre sont libres. Sous la présidence de la réalisatrice de Vénus Beauté (institut), Tonie Marshall, un jury composé de 6 professionnels de l’audiovisuel récompensera les meilleurs scénario, acteur, actrice, séquence, exploitation technique du support mobile et esthétisme. Les internautes, eux, décerneront le Prix du public en votant pour leur mini-film favori.

Pour revoir les films des lauréats 2009 et s’inscrire :http://fr.mobilefilmfestival.com/jury.php

Clin d'oeil


Mon nom est personne


Tout le monde en parle (ou pas)

(Source Télérama) Cette semaine, Thierry Ardisson s'est réjoui du lancement de son site, qui présente de très nombreuses archives couvrant toute sa carrière. On peut y visionner gratuitement toutes ses émissions depuis 1985. Une démarche intéressante (menée à terme avec l'aide précieuse de l'INA). Mais, concrètement, ça donne quoi... ? C'est beau ? C'est bien fait ? Aïe, c'est là que ça se corse... On vous raconte, façon bulletin de notes.



(suite de l'article ici : http://www.telerama.fr/techno/tout-le-monde-en-parle-pas,50218.php)

jeudi 26 novembre 2009

Serge Gainsbourg (vie héroïque) - La bande-annonce

GarageTV - Serge Gainsbourg (vie héroïque) fr. trl. (02:25)

France Inter devient première radio d’Ile-de-France

Avec chaque jour 1,12 millions de personnes dans la région soit 11,3% de pda, France Inter est devenue la première radio d’Île-de-France, selon les chiffres publiés hier par Médiamétrie.

En septembre/octobre, la station publique a gagné 72 000 auditeurs par rapport à l'année dernière. Une performance d’autant plus remarquable que sur la même période l'ensemble des radios ont perdu 490 000 auditeurs dans la région. France Inter devance RTL qui perd 195 00 auditeurs (1,08M d’AC) mais reste leader en part d’audience (11,7%). Europe 1 est en repli à 1,05 millions d’auditeurs cumulés et 10,7% de pda tandis que RMC progresse avec 704 000 auditeurs (5,0% de pda). Du côté des musicales, le rebond semble se confirmer. La première musicale de la région Skyrock est en retrait (897 000 AC et 5,4% de pda). Si NRJ cède du terrain (608 000 AC ; 2,9% de pda), les autres stations du groupe - Chérie FM (3,5% de pda), Nostalgie (3,7%) et Rire et chansons (2,4%) - progressent.

Fun Radio et RTL2 augmentent leur part d'audience avec toutes les deux 2,4% de pda. RFM, Virgin radio et MFM sont, elles, en baisse avec respectivement 1,9%, 1,5% et 1,0%. Du côté des thématiques, France Info, longtemps 1ere radio d’Île-de-France, est en recul avec 1,02 millions d’AC et 4,5% de pda. Radio Classique (2,6%) gagne du public tout comme France Culture et RFI alors que France Musique recule. Mer agitée en revanche pour les locales.

A part Radio Nova et TSF Jazz qui progressent, la plupart des radios stagnent à l’instar de Ado FM et de Ouï FM. FIP, Radio Latina et Voltage sont, elles, en recul. (source CB News)

mardi 17 novembre 2009

Etude des affluences dans les stades : le flop français

Le Vélodrome, le Parc des Princes, Gerland et Geoffroy-Guichard. Quatre stades français seulement figurent dans le top 50 européen des enceintes qui ont accueilli la meilleure moyenne de spectateurs la saison dernière. En tête de ce classement, établi par La Gazzetta dello Sport, on retrouve Old Trafford (Manchester United, 75.304), l'Iduna Park (Borussia Dortmund, 74.748), le Camp Nou (Barcelone, 71 045) et Santiago-Bernabeu (Real Madrid, 70 816), stade n°1 des supporters lors de la saison 2007-2008. Marseille, capitale française des fans, n'est pas dans les dix premiers (53 152, 13e).

article intégral ici :  http://www.lequipe.fr/Football/breves2009/20091117_203321_le-flop-50-francais.html

vendredi 13 novembre 2009

Le jour où je me suis fait sortir d'une salle de cinéma par la police


L'autre titre possible aurait été "Away you go".

Je ne sais pas si le fait qu'aujourd'hui, treizième jour du mois, soit tombé un vendredi a eu une incidence sur les évènements de ma journée, mais je me souviendrai de mon vendredi 13 novembre 2009.

Pour bien comprendre l'histoire, remontons au jour de la sortie du dernier film de Sam Mendes, "Away we go". Mercredi 4 novembre, séance de 12h10, parfait pendant la pause dej, je fonce dans une salle UGC très connue, sur les Champs-Elysées, voir le dernier né d'un de mes réalisateurs préférés (j'avais adoré "Revolution road" - "Les Noces rebelles" en français).

Les pubs, puis 12h30 le film démarre. Soudain, en plein film, après 35 minutes, les lumières se rallument, l'écran remonte automatiquement de quelques centimètres, et tout le monde se regarde, sans bouger. Arrive alors une employée du cinéma qui nous dit qu'une panne électrique vient de se produire sur tout le secteur, et nous demande d'attendre avant de savoir ce qu'on va faire.

Je te le donne émile, elle revient vingt minutes plus tard pour nous inviter à quitter la salle, la séance ayant pris trop de retard, et à demander notre invitation offerte en bas, à l'accueil. Grrrrr...

Vendredi 13 novembre, aujourd'hui donc.

Je calcule que si je me pointe à 13h à l'UGC "biiiiip" dans la même salle, j'arriverai juste avant le moment où ça a coupé la dernière fois, et même si je sais que les cinémas ne sont plus permanents, je ne conçois pas que le responsable n'ait ni le bon sens, ni le sens commercial nécessaires au succès de mon entreprise.

Sauf que je suis tombé sur le plus grand "biiiip" législateur et rigoriste qui n'a d'essence que celle qui doit remplir le réservoir de sa Fuego gris métal jantes alu. Parce que ce ne sont pas les sens humains qui font de ce J-M (ce prénom serait-il maudit ?) un ambassadeur du bon goût à l'endroit de sa clientèle...

- Bonjour Monsieur, j'étais de la première séance d'Away we go, avec la panne d'électricité, et je me disais que, à cas exceptionnel permission exceptionnelle, vous pourriez me laisser voir le reste du film que je n'ai pu voir, qui devrait arriver dans cinq minutes. Je sais que ce n'est pas permanent, mais il y a 7 spectateurs dans la salle, je me ferai discret, je vais m'asseoir très vite, et tout ira bien. (Là, franchement, j'étais presque sûr qu'il dirait oui. Peut-être parce que moi, à sa place, j'aurais dit oui. Erreur fatale. Je n'étais pas du tout à sa place...)

- Ah non, je suis désolé, ce n'est pas possible, il vous faut un ticket.

- Et bien donnez m'en un, j'ai ma carte UGC que je paie tous les mois depuis 10 ans, aucun problème !

- Ah non, le film est commencé, prochain ticket, 14h45.

- Mais Monsieur, à 14h45, je bosse moi. Je vous demande juste un peu de bon sens, de réfléchir avec ça (je montre le coeur) plutôt qu'avec ça (je montre la tête).

- Non, Monsieur, je ne peux pas, c'est interdit par le règlement.

- Mais ... (je me calme...) Monsieur... Les règles, je les respecte, mais parfois, vous ne pensez pas qu'on peut accepter certaines exceptions qui ne remettent pas en question le règlement ?

- Monsieur, ce n'est pas possible, c'est 14h45.

- Ecoutez, j'ai bossé ici quand j'étais étudiant, à l'UGC Champs-Elysées et au Biarritz aussi, en face, le grand patron de l'époque, Mr L. , n'aurait jamais refusé cette demande à un de ses clients !

- Oui, mais tout change Monsieur.

Putain, le truc qu'il ne fallait pas dire...

La goutte d'eau.

Le cheveu dans la soupe.

La mouche dans le lait !!!

Là, je sens que mes nerfs frissonnent à l'idée que je les laisse s'exprimer un peu... Et puis, comme en ce moment, ce n'est pas vraiment le moment de me chercher, je n'ai pas pu m'empêcher...

Je m'adresse à lui :

- Ok, vous pouvez me donner votre nom s'il vous plaît ?

- Mon nom ? Pour quoi faire ? Non !

- Non ?

- Non !

- Ok, vous faites ce que vous voulez, moi aussi. Je vais voir mon film.

Et là, je trace devant lui, je monte les escaliers quatre à quatre (le grand escalier à côté de l'entrée du Lido) en l'entendant derrière moi crier " Monsieur !! Vous allez où ?? Monsieur !!!

- Je vais voir mon film pour lequel j'avais payé et dont je n'ai pas vu la fin !!!!

Sauf que depuis le 4 novembre, ils avaient changé le film de salle. J'entre dans la salle, et là, je vois Miou-Miou, plein cadre, c'était "Le Concert". Damned ! Je suis fait ! Je redescends, je croise ce bon J-M (comme quoi on n'a pas besoin d'être blanc et d'avoir un oeil de verre pour tutoyer le fascisme) qui m'invite à me calmer et à sortir. Sauf que là, c'est trop tard mon pote...

- Monsieur, vous ne pouvez pas entrer, sortez, et calmez-vous...

- Mais bien sûr que je peux entrer !! Il suffirait que vous m'y autorisiez, mais non, la loi, le réglement, y'a que ça qui vous excite !! Vous avez le choix entre le bon sens et la connerie profonde, et vous choisissez la connerie !

- Monsieur, vous m'insultez ? (Vous savez, avec ce petit ton de mec à qui t'as juste envie de mettre ses mains dans un grille-pain)

- Non, j'vous insulte pas, je vous parle du choix que vous avez !! (oui, dans ces cas-là, on est toujours très fort dans l'insolence et la mauvaise foi) Allez, je vais rendre ma carte, allez vous faire foutre !

- Ah là, vous m'insultez !

- Bien J-M ! (je vous retranscris exactement mes propos, rien n'est exagéré ni réécrit pour faire joli)

Là, je redescends, je sors du cinéma, et à droite, je vois que la petite salle annexe est celle d'Away we go !! Vindidiou !!! Ni une, ni deux, je descends, je passe devant la caissière, d'un pas plus que déterminé, elle me lance :

- Monsieur ??? Monsieur !!!!

- Si J-M me cherche, vous lui direz que je suis là !!

- Mais qui êtes-vous ???

- Franck !


Surréaliste !

J'entre dans la salle, j'ai dû rater 5 minutes, je m'asseois au milieu de la salle, et je redescends doucement au niveau de la calmitude... N'arrivant pas vraiment à me concentrer complètement sur le film, je suis quand même assez content de me sentir autant "vivant". Carpe Diem... Oh Captain my captain bordel !!!

Pardon, je suis un peu grossier, mais c'est J- M, c'est pas moi...

Et puis, vingt minutes plus tard, deux policiers entrent dans la salle, uniforme, casquette et lampe torche ! Mais quel "biiiiiiiiiip"... !!! Il a appelé les flics !!! Il a appelé les flics ce pauvre "biiiiiiiip" !!!

C'est pas de l'ego ça ?? Il n'aurait pas pu me laisser voir le film finalement ? Non, pensez-vous... Le grand J-M, fort de son pouvoir de petit chef, qu'il confond avec un titre ministériel, ce doit être le sommet de sa carrière, a appelé des renforts pour virer le malfrat que je suis, la sale petite racaille dangereuse qui trouble l'ordre public, pour expulser un client de la salle d'une enseigne cinéma dont il a la carte !!

Les flics s'avancent vers moi avec la lampe :

- Bonjour Monsieur, c'est la Police (ah bon, c'est pas une surprise pour mon anniversaire alors ? En même temps, je me disais aussi, je suis né le 10 février...), veuillez nous suivre s'il vous plaît.

- Bien sûr. (Avec un petit sourire qui exprime autant mon hallucination que mon plaisir de sentir que je gère bien le truc au niveau émotionnel)

On se retrouve dans le couloir.

Moi :

- C'est pas vrai... Il a appelé la Police ???

Je raconte mon histoire, les deux policiers sont aussi bornés sur la loi, maman Loi, que leur pote au cerveau bouilli par trop d'administratif, je reconnais être passé un peu en force, mais sûr de mon bon droit, enfin plutôt de mon bon sens, je m'explique, et raconte en quoi tout ça relève d'une exagération complètement dingue ! J'essaie de la jouer, on se parle entre adultes responsables, de leur faire prendre un peu de recul intellectuel sur l'évènement, mais je crois qu'ils étaient déjà adossés au mur de leur incompétence sur le sujet.

- Je suis coupable donc...

- Non Monsieur, si vous étiez coupable, vous auriez déjà les menottes.

(La Police. Ou l'art du premier degré. Le seul qu'ils connaissent en même temps)

- Messieurs, j'ai fait mon service militaire dans la gendarmerie, et il m'est arrivé d'avoir à prendre un peu de distance par rapport à la loi quand les faits le commandaient.

- Non Monsieur, il y a un réglement, il faut le respecter.

- Ok, d'accord. Laissez tomber.

Je suis sorti de la salle. En me retournant une dernière fois vers J-M, qui parlait aux flics en me tournant le dos, et en lui lançant :

- Bravo pour votre intelligence, votre sens commercial, et votre bon sens ! Remarquable !

Devant le cinéma, j'attends que les flics sortent. Je filme leur sortie avec mon portable. Ils me contournent, j'arrête de filmer.

- Vous faites quoi là ?

- C'est pour mon blog ! On ne va jamais croire cette histoire quand je vais la raconter !

- Oui, mais vous n'avez pas le droit sans autorisation d'utiliser notre image, donc si je tombe sur votre blog, je porte plainte contre vous.

- Wouaouh... ah quand même... J'adore ce siècle... Bonne journée Messieurs !

- Bonne journée Monsieur.

Y'a des vendredi 13 plus calmes non ?

En tout cas, je crois qu'"Away we go", je vais attendre qu'il passe sur Canal.

Parce que si j'y retourne une 3ème fois, soit un kamikaze afghan cinéphile aura choisi cet endroit pour exposer ces organes sur le beau velours bleu UGC, soit je regarde le film entre deux retraitées qui toussent leurs millions de microbes en mode H1N1.


Franck Pelé

Je veux faire "Elvis" comme métier quand j'serai grand !

mercredi 11 novembre 2009

Infernale Romy

Un documentaire d'enfer

En 1964, Henri-Georges Clouzot choisit Romy Schneider, 26 ans, et Serge Reggiani, 42 ans, pour être les vedettes de "L'Enfer". Un projet énigmatique et insolite, un budget illimité, un film qui devait être un "événement" cinématographique à sa sortie. Mais après trois semaines de tournage, c'est le drame. Le projet est interrompu, et les images que l'on disait "incroyables" ne seront jamais dévoilées. Oubliées depuis un demi-siècle, elles ont été retrouvées et sont plus époustouflantes encore que la légende l'avait prédit. (Jacques Morice, Télérama)


Il arrive que des films inachevés et jamais sortis trouvent, malgré tout, leur place dans les filmographies des cinéastes. C'est le cas de L'Enfer, de Clouzot, tourné en 1964, oeuvre légendaire aux péripéties multiples. A commencer par un épisode assez rare : l'infarctus du metteur en scène, intervenu au bout de trois semaines de tournage. Dans d'autres circonstances, la fin du tournage aurait été ajournée ou le metteur en scène, remplacé. Sauf que cet accident sonna, en son temps, comme une délivrance.

Plus de quarante ans après, Serge Bromberg et Ruxandra Medrea ont reconstitué cette folle histoire en intégrant à leur récit un matériau de choix qu'on croyait perdu : une partie des rushes et des essais innombrables, tournés par Clouzot, mais sans la bande-son - elle, bel et bien disparue. L'histoire est celle de Marcel (Serge Reggiani) dévoré par le démon de la jalousie. Tenancier d'un petit hôtel de province situé en contrebas d'un viaduc, il passe son temps à épier celle qu'il aime, son épouse éblouissante (trop ?), au prénom proustien, Odette (Romy Schneider). Il la suit, la bombarde de questions, soupçonnant qu'elle le trompe. Un scénario repris par Claude Chabrol en 1994, dans un remake d'excellente tenue, délesté des effets bizarroïdes orchestrés par Clouzot.


article intégral :

http://www.telerama.fr/cinema/films/l-enfer-d-henri-georges-clouzot,387661,critique.php

A voir également sur YouTube :


http://www.youtube.com/watch?v=WfBUC5oPOdg
http://www.youtube.com/watch?v=a-1NjaLpITw
http://www.youtube.com/watch?v=FEzxaTEDMh4

dimanche 8 novembre 2009

Surfer girl

We are the world

Un vrai plaisir de les revoir chanter ensemble toutes ces légendes, et des moments aussi courts que magiques : Michael Jackson, Diana Ross, Cindy Lauper, le Boss, Monsieur Ray Charles, Bob Dylan... le tout orchestré par le génial Quincy Jones. Revivez ce moment avec plaisir...

vendredi 6 novembre 2009

Les Beatles sur une clé USB

C’est la dernière trouvaille de l’industrie musicale de la maison de disque Apple. Une petite clé USB en forme de pomme verte qui contient l’intégrale remastérisée du célèbre groupe britannique. Mieux qu’un CD et plus original qu’un téléchargement, cette clé de 16 giga-octets contient donc quatorze albums au format MP3 ainsi qu’en FLAC, un format de compression numérique sans perte qui offre un niveau de qualité sonore supérieur au MP3. Les nostalgiques qui s’étaient sans doute déjà offert l’intégrale des Beatles en CD pourront donc s’offrir cette version numérique « de poche » qui sera lancée le 7 décembre en édition limitée à 30 000 exemplaires. Le prix : environ 225 Euros avec en plus des bonus tels que pochettes CD, photos, et documents divers. Les Beatles passent donc au numérique via l’USB alors qu’ils ne sont toujours pas disponibles en téléchargement sur les plateformes légales.

article intégral ici : http://www.france-info.com/chroniques-nouveau-monde-2009-11-04-les-beatles-en-cle-usb-ou-va-la-musique-numerique-365050-81-109.html

Les femmes préfèrent Sarko

2012 : DSK battrait Sarkozy au second tour

Le président du FMI serait le seul candidat de l'opposition à même de battre Nicolas Sarkozy en 2012, d'après un sondage CSA pour La Chaîne Parlementaire. Il l'emporterait avec 51% des voix. 51 contre 49.

C'est d'un tout petit point que Dominique Strauss-Kahn pourrait battre Nicolas Sarkozy au second tour de l'élection présidentielle de 2012, selon un sondage CSA* pour LCP Assemblée nationale. Et c'est le seul parmi les six candidats de l'opposition testés à pouvoir l'emporter.


En deuxième position, François Bayrou obtiendrait 49%. Martine Aubry est créditée de 47% des intentions de vote, à égalité avec Bertrand Delanoë. Enfin, en queue de peloton, figurent Ségolène Royal et François Hollande avec respectivement 45% et 43 % des voix.

(...)

Autre détail intéressant, si les femmes votent en majorité pour Nicolas Sarkozy (52%), les hommes sont quant à eux plus enclins à choisir DSK comme prochain chef de l'Etat (55%).

(article intégral ici : http://www.lefigaro.fr/politique/2009/11/05/01002-20091105ARTFIG00708-2012-dsk-battrait-sarkozy-au-second-tour-.php)

Deezer présente sa nouvelle offre payante



Le site de musique en ligne www.deezer.com à présenté hier sa nouvelle offre payante. Baptisée Deezer Premium, le service se présente comme un écosystème qui regroupe mobile, PC, Web et les chaines IP. L'offre comprend deux nouvelles formules payantes : Deezer HQ et Deezer Premium. La première permet d’écouter la musique sur le site deezer.com avec une meilleure qualité de son jusqu’à 320kb/s, soit l’équivalent de la qualité CD. Cette version, au prix de 4,99  euros par mois supprimera également les publicités. Deezer Premium, permet en plus des droits de Deezer HQ, d’accéder en mobilité à sa musique en streaming depuis son mobile. L’application mobile permettra également de télécharger ses playlists et albums favoris afin de les ré-écouter hors ligne, et de ne plus avoir de publicité. Pour accompagner ce lancement l’Agence DDB a développé un concept global de communication mêlant street marketing et expérience on-line autour de la création de la plus longue Playlist jamais créée : La Playlist Infinie. Un mini-site dédié permettra ainsi aux internautes d’ajouter un titre à cette Playlist Infinie, de le dédicacer à leurs proches, avec une photo et un texte, puis de partager le tout sur les réseaux sociaux ou par email. En complément de ce mini-site, pas moins de 100 hôtesses Deezer seront dans les rues de Paris pendant 3 jours pour faire tester l’offre Premium aux passants et les inciter à proposer un titre pour alimenter la Playlist. (source CB News)

mercredi 4 novembre 2009

J'avais deux amis



Ah les deux monstres sacrés... Ils ont laissé une empreinte aussi forte que leur talent, ils ont fait route commune si longtemps, se sont ressemblés jusque dans la tragédie de leurs destins, croisés pour le meilleur et pour le pire. Et ce n'est pas céder à la facilité de l'expression de l'employer ici.

Dewaere et Coluche sont des piliers de ma vie, de spectateur, d'admirateur, d'artiste en herbe et de grand rêveur. J'ai grandi avec eux, vibré, ri aux larmes, été ému avec eux. Mes parents les adoraient, et si cette admiration a probablement fait bien naître la mienne, elle a grandi, cultivée par ma seule lecture de leur art, de ce talent génial.

J'ai tout pris de ce qu'ils ont donné, tout reçu. Je crois qu'on aime un acteur, un artiste, plus qu'un autre, parce qu'il vous "parle", parce que vous le ressentez comme vous ressentez un meilleur ami, un frère, une femme, un amour. J'ai profondément aimé Patrick Dewaere et Coluche, parce qu'ils m'ont parlé, parce qu'ils m'ont donné cette sensation rare d'être complètement connecté avec leur esprit, avec leur humour, avec leur fureur de vivre aussi. Oui, hier encore, j'avais deux amis...


J'ai découvert Coluche avec les 33 tours de mon père, que je revois pleurant de rire en écoutant "Les interdits de Coluche", ce 33 tours rouge mythique. Je devais avoir 8 ans. Et chaque année, en même temps que mon esprit prenait un peu d'épaisseur, je redécouvrais Coluche, et comprenais encore mieux son humour, son ironie, les non-dits, et surtout, le style génial de ses expressions, qui m'arrivaient aussi parfaitement et entièrement qu'elles avaient été pensées. Petit, j'ai ri à Banzaï et au Maître d'école, autant que j'ai ri plus tard, à tous ses mots d'esprit, un esprit évidemment plus fin que ce qu'il voulait exprimer volontairement grossièrement, et que certains ont préféré prendre pour argent comptant, comme ma grand-mère, qui répète depuis trente ans : Coluche ? Il ne m'a jamais fait rire... Avec sa lessive là... Qu'est-ce qui est drôle ? Ok Mamie, tu ne bougeras jamais là-dessus... Tu reprends du gigot ?
Voilà, Coluche, c'était toutes les insolences jubilatoires de la télé des années 80, c'était celui qui osait tout, c'était Maritie et Gilbert Carpentier, c'était Europe 1, c'était les Césars, c'était Canal, et c'est Denisot qui pleure en annonçant sa mort, sans pouvoir parler plus de trente secondes. Gildas reprenant la suite. Je revenais d'un tennis avec mon pote Thomas, j'avais 15 ans, et j'ai pris une immense claque.

Patrick Dewaere, je l'ai découvert avec "Coup de tête". Film culte, dont la VHS a dû tourner 879 fois dans le magnétoscope de l'époque. On se faisait les dialogues du film entier avec ma soeur. Là aussi, j'ai vu mes parents pleurer de rire devant ce film. Des larmes qui ont joyeusement coulé sur mes joues, moi aussi, à chaque fois que je le revoyais. Puis je suis devenu cinéphile, cinéphage, et j'ai connu Dewaere, toujours plus, toujours mieux, en prenant là aussi, à chaque fois, la puissance de son jeu, de son génie comique, de sa force tragique. J'ai vu tous ses films. Et j'ai lu son histoire. Tragique elle aussi. Et intimement liée à celle de Coluche, son ami, son frère, du Café de la Gare.
Patrick Maurin a commencé le métier à 4 ans. Il était probablement plus fatigué que n'importe quel acteur de 35 ans quand il est arrivé à cet âge. Celui de sa mort. Ceux qui l'ont aimé, qui ont partagé sa vie, parlent tous d'un homme extrêmement sensible, qui est mort, un peu plus, à chaque cicatrice. Il a énormément souffert que le métier reconnaisse d'abord Depardieu, avant lui, qui recevait les propositions de rôle après que "le gros" les ait lues, et refusées. Puis il a souffert de sa séparation, Miou-miou le quitte pour Julien Clerc.

Enfin, en lisant la bio de Mado Maurin, la mère de Patrick Dewaere, on apprend que son fils se serait suicidé après avoir reçu un coup de téléphone d'Elsa, sa compagne et mère de sa fille, partie en Guadeloupe, dans la maison de Coluche, avec qui elle s'installe. Et qui lui dit qu'il ne reverra plus sa fille. En plein tournage d'"Edith et Marcel", Dewaere se tire une décharge de plombs dans la bouche avec le fusil offert quelques années plus tôt par... Coluche.   (voir le lien Wiki sur Dewaere, plus bas).
Incroyables destins, croisés dans la comédie, liés jusque dans la tragédie.

Franck Pelé

Le titre de cet article m'a été inspiré par la chanson d'Eddy Mitchell, avec laquelle j'ai grandi, sortie d'un autre 33 tours mythique de mes parents. A voir ici : http://www.youtube.com/watch?v=CLI5VzL0ex0

Y'a d'la pomme.


La voiture de mes rêves



J'ai toujours adoré la Jaguar Type E. Quelle gueule ! Quelle classe !

Marché du disque : - 9,3 % sur les neuf premiers mois de 2009

Le marché de gros des ventes de musique en France, tous supports confondus (physiques et numériques), a reculé de 9,3% sur les neuf premiers mois de 2009 par rapport à la même période de 2008, à 347 M€, a annoncé hier le Syndicat national de l'édition phonographique (SNEP). Les neuf premiers mois de 2009 ont été marqués par un ralentissement de la chute du marché physique, en recul de 11,4%, contre -19,6% en 2008 sur la même période. En revanche, les ventes numériques stagnent, avec une hausse de 3,5% seulement, contre +52% sur les neuf premiers mois de 2008. Sur le marché physique, qui totalise 291,7 M€, c'est la production locale qui souffre le plus. La variété francophone chute de 21%, tandis que le répertoire classique baisse de 11% et que la variété internationale progresse de 5,6%. La variété francophone représente désormais 53% des ventes, contre 63% il y a deux ans. (source CB News)

mardi 27 octobre 2009

Quand le doublage dépasse l'original

Le bon, la brute et le truand. The good, the bad and the ugly. Un de mes films cultes. La cassette VHS a dû passer 76 fois dans le magnétoscope. Blondin, Tuco, Sentenza... Cinéphile et cinéphage, je ne conçois pas de voir un film autrement qu'en version originale. Mais certains films ont un charme unique en V.F, et ce n'est pas seulement dû au fait qu'on ait pu grandir avec. Un ton, un humour, la classe et le talent des doubleurs de l'époque renvoient parfois la V.O. dans ses foyers.

Amicalement vôtre, et la performance géniale de Michel Roux doublant Tony Curtis, Balutin et Starsky, Lax et Hutch, la VF des Liaisons Dangereuses de Stephen Frears, le "2,21 gigowatts, nom de Zeus !" de Christopher Lloyd dans Retour vers le futur, Top Secret, et quelques bijoux des années 80 et 90 sont cultissimes en version française, et paraissent même gagner en qualité.

Regardez un exemple ici. La fameuse scène du film de Leone, où Blondin dit à Tuco :
"Le monde se divise en deux catégories. Ceux qui ont le pistolet chargé et ceux qui creusent. Toi, tu creuses."

La voici en version originale :




et maintenant, la même en français :



pour moi, y'a pas photo !


Franck Pelé

vendredi 23 octobre 2009

L'album de la semaine !


Si la délicatesse est un atout majeur, Mayer Hawthorne s'imposera sans mal dans le cercle fermé de la nouvelle soul. A strange arrangement, le premier album de ce jeune DJ-crooner blanc de Detroit, nous fait aborder l'automne d'un (très) bon pied. L'humeur est au beau fixe, des voix harmonieuses voltigent dans une brume satinée, le coeur palpite, les cuivres respirent, les chansons parlent d'anges câlins et d'amours furtives...

Porté par le souvenir de l'âge d'or de Detroit et de la Tamla Motown, l'orchestre swingue avec une douceur diabolique et use de délicieux gris-gris piqués à l'époque du doo wop et à la soul des années 60, les claquements de mains et les tambourins, les échos scintillants d'un piano bastringue et les envolées de falsettos gracieux, qui évoquent Curtis Mayfield ou Marvin Gaye.

(article intégral ici : http://www.telerama.fr/musiques/a-strange-arrangement,48420.php)

Et vous pouvez l'écouter ici : http://www.deezer.com/fr/music/home#music/mayer-hawthorne


Franck

mercredi 21 octobre 2009

Les impasses de l'affaire Polanski



Aurélien Ferenczi pour Télérama :

Et l'affaire Polanski ? Prendre des pincettes. Reconnaître que c'est compliqué. Mon premier sentiment ? Tristesse et la compassion : voir un homme de 76 ans que j'admire, un homme brillant, irrésistiblement attachant, qui s'est échappé il y a un demi-siècle du ghetto de Cracovie, être traqué comme s’il s’agissait d’un criminel de guerre… Un traquenard lui a bien été tendu : l’invitation d’un Festival s'est transformée, à l’insu des organisateurs, en interpellation surprise – Roman n'est pas fan des apparitions publiques, il aurait dû se passer de celle-là... Enfermement, mise au secret dans une cellule « rudimentaire », selon le quotidien suisse Le Matin : ce n’est pas parce qu’il a fait de grands films qu’il est regrettable de le savoir en prison, tout créateur est un citoyen justiciable quel que soit son talent, mais, parce qu’il n’émane de lui nulle dangerosité, la manière est choquante, bien sûr, et il y avait sûrement d’autres façons de clore cette affaire.

Ensuite, on n'empêchera pas les interprétations de diverger sur le fond du problème : les relations sexuelles que Roman Polanski a eues en 1977 avec une mineure de 13 ans. Le récit des faits peut d’autant plus choquer que ce type de fait divers est, d’une certaine façon, devenu le tabou absolu. Mais connaître l'histoire plus en détail, comme le permet, par exemple, le documentaire de Marina Zenovich, Roman Polanski : wanted and desired, de nouveau à l’affiche à Paris au Reflet Médicis, aide à mieux l’appréhender, et à la recontextualiser : l’absence de viol à peu près reconnue par tous, une autre époque qui induit d'autre mœurs, la personnalité complexe et meurtrie de l'accusé et, surtout, les errements inacceptables de la justice américaine.

(...)

Car rien ne justifie la sévérité nouvelle du parquet américain, qui a diligenté l’arrestation ; mais rien ne justifie non plus que Roman Polanski échappe à la loi – dans l’espoir d’un non-lieu définitif. Pour sortir de l’impasse, il aurait sans doute fallu une volonté des deux parties, un arrangement, des tractations qui n'ont pas eu lieu, ou pas abouti. Et aussi beaucoup de discrétion. Pas sûr que les bruyants défenseurs du cinéaste agissent réellement en sa faveur. Je pense à la déclaration maladroite – il y en a eu d'autres – du cinéaste polonais Krzysztof Zanussi : « Si Polanski n'était pas un personnage célèbre, le fait d'avoir profité il y a plus de 30 ans à Los Angeles, ville connue pour la liberté des moeurs, des services d'une prostituée mineure n'aurait eu aucune suite aujourd'hui. »

Article intégral et vidéo, à voir absolument ici : http://www.telerama.fr/cinema/les-impasses-de-l-affaire-polanski,47706.php

Woody et Ursula


Séries noires


vendredi 16 octobre 2009

Le jour où j'ai été amant

Je me souviendrai longtemps de la première fois où j’ai endossé le costume de l’amant. Quoique c’est plutôt le fait de l’enlever qui fait vraiment le statut…

Ma cousine allait fêter ses 30 ans, c’était en 2003. J’étais célibataire, et après avoir été quatre années durant, l’oiseau insaisissable des nuits parisiennes dans lesquelles je travaillais (je m’occupais d’animer la marque « Jack Daniel’s » dans les endroits branchés de la capitale en organisant des soirées avec dégustation, hôtesses et cadeaux estampillés Tonton Jack… THE job…), j’entrais tranquillement dans la logique de mon âge (32 ans à l’époque), en devenant « Brand Ambassador » sur toute la France, pour le whisky haut de gamme, Glenmorangie.

« Ambassadeur de marque » ! Un peu pompeux le titre hein… C’est en fait une sorte de commercial VIP de la marque, qui forme les commerciaux régionaux sur l’histoire et l’élaboration du whisky, ainsi que les barmen des plus belles affaires du pays. C’est comme ça que, de Deauville à Bordeaux, de Rennes à Aix en Provence, de Lyon à Strasbourg, j’ai découvert mon pays comme peu de mes compatriotes auraient la chance de le découvrir. C’est fou comme une école de journalisme peut offrir comme débouchés… (Je suis revenu à mes premières amours, plus tard, en étant auteur).

Contrairement aux a priori qu’elle charrie, la nuit n’avait changé en rien ma nature romantique et sensible, ni n’avait troublé mon regard sur les femmes. Mais elle avait considérablement ouvert la possibilité d’une île, au cours de mon paisible et sensuel voyage de célibataire épris de liberté et d’amour. Et l’expérience appelant l’expérience, je vivais intensément chacune, en étant toujours le même, et en vivant l’histoire d’une nuit comme celle d’une vie, toujours.

J’allais rencontrer la femme qui deviendrait la mienne deux ans plus tard, et je voulais être prêt pour elle, en lui étant aussi fidèle que ma philosophie m’y invite, et en vivant donc absolument mes années de liberté, celles que mes parents n’ont pas eu le temps de vivre, et qui les ont séparés.

2003 donc… La meilleure amie de ma cousine me contacte. Elle m’écrit pour me parler de l’anniversaire surprise qu’elle lui prépare. Je lui rends hommage sous ma plume en lui disant que ma cousine avait bien de la chance d’avoir une amie comme elle. Puis, très vite, je sens que ces mots sont autant d’invitations à lui plaire. Elle me demande si je me souviens d’elle, que je l’avais vue il y a une dizaine d’années, on était ados, qu’elle se souvenait parfaitement de moi… Bon, je ne vais pas faire l’innocent, ça sentait un peu le cul cette histoire… Je sentais bien que je lui plaisais plus que de raison. Et, petit grigou que je suis, au lieu de calmer le jeu, j’entrais dans le sien, en arrosant des sens la flamme qu’elle essayait de faire danser. L’incendie allait être d’une puissance incontrôlable.

Elle (je ne la prénomme pas, par respect pour son intimité) était mariée, depuis quelques années, et avait une fille de deux ans. Très vite, les mots brûlants, son envie de me faire rencontrer « les plus beaux seins du monde » (avouez que c’est alléchant), mon intention de ne pas être raisonnable, assez égoïstement, j’en conviens, même si la dame a toujours eu les clés du choix en sa possession, allaient proposer une rencontre. C’était sur les Champs-Elysées, rue de Berri plus exactement. Dans un tailleur impeccable, assez sexy, aussi généreuse que pulpeuse, pas exactement mon style de femme physiquement, mais une jolie invitation au plaisir épicurien.

On entre dans ce restaurant – bar, l’Impala Lounge, une petite table, assis l’un en face de l’autre, ses yeux qui pétillent, les miens qui essaient d’ignorer ce décolleté qui semble hurler mon prénom. C’est la première fois de ma vie que je deviens comme un de ces personnages que je n’avais vus auparavant que sur grand écran, ou petit, un amant. En puissance en tout cas puisque j’ai alors bien conscience que je prends un verre avec une femme mariée, qui n’est plus du tout heureuse dans son couple, et qui retrouve son éclat par ma seule présence dans sa vie. Comment ne pas y être sensible…

Je me pose quand même la question, intérieurement, pendant qu’elle frotte légèrement sa jambe en remontant sur la mienne dans un sourire plus efficace que le résumé d’une nuit possible, de mon comportement, de celui que je dois avoir, que je devrais avoir. Suis-je égoïste en ne prenant pas à sa place les responsabilités qu’elle veut fuir ? Dois-je culpabiliser de cueillir cette fleur qui me proclame soleil ? Puisque je sais, déjà, qu’elle n’est pas celle pour qui j’ouvrirai mon jardin ? J’ai probablement été aussi libre que négligent. Mais honnête, sincère, transparent, je l’ai toujours été.

C’était un mercredi soir. On se quitte, je l’embrasse dans le cou, sorte de mi-chemin entre ce qu’elle attendait et ce que j’allais lui proposer pour lui dire au revoir, et je rentre chez moi, dans mon appartement de célibataire. Le vendredi, veille de l’anniversaire, elle m’appelle : « Mon chéri, je suis près de chez toi, je peux venir t’embrasser… ? ». Je reste deux secondes silencieux, et lui dis « écoute, si il devait se passer quelque chose entre nous, je veux que tu saches que si j’en ai envie, je ne pourrais me permettre de le cultiver, ça ne pourrait pas continuer, c’est trop compliqué cette situation, et si j’aime être un amant dans le sens romantique du terme, pas vraiment dans son sens coupable. »

- Ok pour moi, je le regretterai toute ma vie si je ne le fais pas maintenant…
- D’accord. A tout de suite… »

Elle arrive, entre, enlève son manteau, se précipite dans mes bras, on s’embrasse, bientôt nus. Je ne sais pas quel est le sentiment qui domine entre l’excitation de découvrir une nouvelle expérience sensuelle, amoureuse, et orgasmique et celui qui, comme un petit ange sur l’épaule, te souffle de ne pas prendre ce chemin…

Nue dans mes bras, après quelques caresses, je la sens un peu hésitante, comme si elle se demandait si je n’allais pas profiter d’elle. Je ne voulais vraiment pas qu’elle pense une telle chose, et puisque ma sensibilité a la chance d’être féminine, j’en profite pour lui dire que je pense savoir ce qui la freine. Je lui dis que je ne veux rien lui voler, je ne prendrai que ce qu’elle me donne. C’est ce qu’elle attendait. Son sourire refleurit, et son corps s’ouvre à nouveau…

Samedi soir. Anniversaire surprise de ma cousine donc. Ma mère me dit : « On se retrouve chez elle.
- Heu… ah bon ?
- Oui, oui, on doit se cacher chez elle avant d’attendre dans le restaurant.

Et là, donc, une scène assez surréaliste, j’arrive chez elle, en me voyant, elle éclaire toute la pièce de son regard, jusqu’au front de son mari qui vient me serrer la main. C’est là que je me suis vraiment senti amant. Tout beauf que sa femme voulait bien le décrire, je serrais la main d’un homme avec l’épouse duquel je venais de faire l’amour la veille… Pas très bien dans mes pompes, mais bon, c’était la seule et unique fois, donc, je restais sur cette idée pour rester fort.

« Qui va chercher le champagne dans la voiture ? Elle se propose, et me dit : « Franck, tu viens avec moi ?
- Heu… oui, bien sûr ! »

Dans l’ascenseur, elle me demande si elle me plaît, et me dit qu’elle m’aime ! Là, je commence à sentir que tout peut se barrer en sucette assez rapidement… De mon côté, je passais la soirée avec Magali, avec qui j’étais sorti quelques années plus tôt, à chaque fois qu’on se retrouvait, célibataires, on dormait ensemble… La surprise passée, ma cousine ravie, commence le show de Madame. Il faut savoir qu’elle ne supporte que très peu l’alcool. Et sous l’effet de la richesse de la soirée, elle avait déjà descendu cinq coupes de champagne… Quand je parlais à Magali, elle surgissait entre nous, et disait dans un sourire étrange « Attention vous deux, je vous ai à l’œil ! » Magali me demande ce qu’elle a. « Je t’expliquerai… » Puis, ma mère vient vers moi… « Tu sais ce qu’elle vient de me dire aux toilettes ? Elle m’a demandé si ça me plairait qu’elle soit ma belle-fille… »

Sale temps.

Puis elle se frotte à moi, à chacun de ses passages entre les tables, devant son mari. Je décide de partir parmi les premiers. Je dis au revoir à tout le monde, je dis à Mag de me rejoindre à la maison un peu plus tard, avec sa voiture. Je monte dans la mienne, on est une dizaine à partir. Et là, ses plombs sautent.

Alors que j’entame une marche arrière pour sortir du parking, je la vois dans mon rétro sortir du restaurant, courant en talons, hurlant mon prénom, en disant qu’elle veut partir avec moi, le tout devant tous les invités, sur le trottoir, totalement incrédules !!!

Pendant que mon beau-père s’étouffait de rire devant une telle scène, elle arrive à monter dans ma voiture, et me dit :

« On s’en va, roule chéri !!!
- Non --------- on ne s’en va nulle part, tu es mariée, on a vécu ce sur quoi on était d’accord, et je ne suis pas d’accord pour que ça glisse comme ça là… Descend ----- s’il te plaît, tu as trop bu, repose toi, va retrouver ta fille et ton mari, et on s’appelle demain. D’accord ? »

Après quelques palabres, elle accepte de descendre, ma cousine jouant la diplomate…

4h du matin, chez moi, après avoir fumé la cigarette d’après l’amour, on se couche, Magali et moi. Soudain, on frappe au volet de ma cuisine ! A 4 heures du matin ! Et la cuisine est dans le jardin !! « Qui c’est ? » demande Mag un peu affolée ? Je comprends immédiatement… : « A ton avis… »

C’était elle. Elle avait escaladé le portillon du jardin, en tailleur, et frappait à toutes les fenêtres. Je n’ouvrais pas. Ne répondais pas mon téléphone. Puis elle sonne à mon interphone. Mais en laissant le doigt appuyé au moins 5 minutes sur le bouton qui fait un bruit d’enfer ! Et là, je vous jure que c’est très long 5 minutes… Puis silence de deux minutes… Puis elle sonne encore, encore plus longtemps ! J’ai l’impression d’avoir Glenn Close dans le couloir ! Elle ne sait pas que Magali est là, et je ne veux pas lui ouvrir, de toutes façons. Elle est complètement ivre, pas que de champagne certes, mais surtout. Ma cousine appelle. Je réponds. Son mari la cherche partout, et il veut savoir si elle est chez moi. Je réponds non, mais elle est dans le couloir. Je lui dis que je ne veux pas ouvrir, et que j’appelle les flics. Ce qui rassure le mari, superbe paradoxe…

Elle a réveillé tout l’immeuble. Tout le monde est d’accord, il faut appeler les flics, il n’y a que ça à faire. J’appelle donc la police, qui, bizarrement, connaît ce genre de situation, alors que pour vous, ça paraît absolument incroyable… Et on attend. Elle sonne, elle sonne, elle frappe. Un voisin, excédé lui ayant probablement ouvert. Elle sonne à ma porte maintenant. Puis frappe, et crie mon nom, et l’amour qui va avec.

Puis on entend le claquement des portes dehors. Une voiture. Des voix. On parle dans le couloir. On lui parle. Puis plus rien…

Le lendemain matin. Elle m’a appelé pour s’excuser. Je ne lui en ai évidemment jamais voulu, et j’étais forcément un peu responsable de cette situation, même si je n’avais été que l’élément déclencheur. Elle a en effet divorcé dans la foulée, s’est remariée, et a eu deux autres enfants. Nous ne nous sommes recroisés qu’une seule fois, quelques mois plus tard, et ses yeux criaient plus forts que le silence qu’elle avait choisi. Je ne l’ai plus jamais revue.

Cette nuit-là, les policiers sont entrés dans le hall. Elle était assise sur le paillasson, la tête posée contre ma porte :
« Que faites-vous ici Madame ?
- Il y a l’homme que j’aime derrière cette porte
- Il ne veut pas ouvrir Madame, votre mari vous attend, il faut y aller. Vous réveillez tout le monde là… On va vous aider… Venez. »

C’est quand même très dur, presque violent, la façon dont nous avons dû gérer cette histoire. Mais personne n’aurait pu faire autrement.


L’amour est parfois imprévisible. L’alcool aussi. Elle n’a plus jamais bu une goutte. Je n’ai plus jamais été amant.


Franck

dimanche 11 octobre 2009

Al Green, une voix, un destin

Dans mon Panthéon musical reposent Bill Withers, Curtis Mayfield, Elvis Presley, et surtout Al Green. Le grand, le génial, l'incroyable Al Green. Vous vous souvenez tous du fameux "Let's stay together" remis au goût du jour par Tarantino dans Pulp Fiction (qui a déjà 15 ans !)..? C'était lui.

(Non, vous ne voyez pas ? Rafraîchissement de mémoire ici : http://www.youtube.com/watch?v=MVzYxqG9N1c)



Après être devenu une star de la soul, son destin va basculer tragiquement, après le suicide de sa petite amie, qui se donne la mort après l'avoir brûlé gravement alors qu'il allait se doucher. Ce traumatisme lui fait quitter la scène pour devenir pasteur, et prêcher avec une foi et une voix d'une force rare, dans son église de Memphis. Il existe un témoignage vidéo extraordinaire de cette période, un documentaire de Robert Mugge intitulé "Gospel according to Al Green", que vous devez absolument voir une fois dans votre vie. C'est une machine à frissons...



Aujourd'hui, après une longue parenthèse Gospel, Al Green est revenu à ses premières amours musicales soul, et ses deux derniers albums sont aussi excellents que les premiers.

Franck Pelé

Bio :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Al_Green


Quelques vidéos à voir :

http://www.youtube.com/watch?v=h8NWqO85P6Y

http://www.youtube.com/watch?v=imjVL14vOcI

http://www.youtube.com/watch?v=D9wkcfCbZqM



La Mamma se déhanche !



Les arrangements sont énormes de "seventitude", lignes de basse funky à souhait, cuivres emballants, réussissant à rendre une chanson comme La Mamma incroyablement rythmée ! Je ne savais pas que les paroles étaient de Papa Gall, by the way...

Franck

Tu te laisses aller... parfum 70's !

mercredi 7 octobre 2009

Web : la fin des moteurs de recherche ?

Le web 2.0 a fait naître un paradoxe : la multiplication des contenus en ligne n’a pas entraîné la démocratisation de l’accès à ces informations. Au contraire, face au trillion de pages web disponibles, le système Page Rank de Google, c’est un peu l’éclairage à la bougie. Si les agrégateurs de type Del.icio.us, les systèmes de flux et les réseaux sociaux présentent à différents niveaux des alternatives enthousiasmantes, les visions futuristes de la recherche et de l’organisation de l’information sur la toile semblent s’organiser autour d’un paradigme d’apparence simple : l’homme ou la machine ?

Les algorithmes complexes du web sémantique constituent un premier élément de réponse. Twine en est l’exemple le plus probant, fournissant à ses utilisateurs une information sur mesure établie d’après une analyse de leurs recherches personnelles. Mais si ce web automatisé est excitant, la nécessaire récolte d’informations sur l’internaute par un système centralisé peut apparaître gênante. Face à ce web automatisé, se développe la vision d’une organisation humaine de la toile dans laquelle les internautes seraient guidés non par des machines mais par d’autres internautes. Plusieurs groupements de journalistes proposent déjà les résultats de leurs veilles à travers des outils comme Aaaliens ou Publish2.

Article en intégralité sur le site des Inrocks ici : http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/1254902400/article/web-la-fin-des-moteurs-de-recherche/


Voilà un article qui confirme que pour les moteurs de recherche classiques, tout va devenir de plus en plus compliqué. Il confirme également qu'un moteur comme eguides, le moteur français légal respectant les ayant-droits, a décidément une bonne longueur d'avance sur la concurrence.

vendredi 2 octobre 2009

Our beds are burning


Hier a été dévoilé à Paris, le deuxième volet de la campagne Tck Tck Tck lancée à Cannes en juin dernier à l'initiative de Kofi Annan,(Prix Nobel de la Paix et président du Global Humanitarian Forum), Bob Geldof (fondateur de Live Aid), David Jones (Global CEO d'Havas WW) et Hervé de Clerck (fondateur d'Act Responsible). Le clip annoncé alors, créé par The Hours (maison de disque rachetée par Havas en juillet 2008), et réalisé par Chic & Artistic, réunit 55 artistes issus de 15 pays (Mila Jovovitch, Amadou & Mariam, Youssou n'Dour, Mélanie Laurent, Lily Allen, Jet Li, Marion Cotillard, Manu Katche, etc.) dans une reprise de Midnight Oil "Beds are Burning", dont les couplets ont été réécris. Téléchargeable gratuitement sur le site http://www.timeforclimatejustice.com/, il continue de militer pour que les politiques ne ratent pas, à Copenhague, la dernière chance qui leur est offerte de sauver l'humanité du chaos climatique. 1,3 million d'internautes ont signé la pétition virtuelle mise en ligne en juin. (source CB News)

mardi 29 septembre 2009

Roman Polanski wanted and arrested

Poursuivi par la justice américaine depuis 1977 pour une affaire de détournement de mineure, Roman Polanski, qui n'a pas mis les pieds sur le sol américain depuis 1978, a été arrêté samedi soir alors qu'il venait d'atterrir à l'aéroport suisse de Zurich, où il venait recevoir un prix pour l'ensemble de son œuvre. Une procédure d'extradition est en cours, selon un accord entre la Suisse et les Etats-Unis.

Les faits
En 1977, lors d'une séance de photos dans la maison californienne de Jack Nicholson – en l'absence de l'acteur – Polanski a des relations sexuelles avec une jeune fille de treize ans, Samantha Gailey. La mère de la jeune fille porte plainte ; le cinéaste affirme qu'il ignorait son âge et qu'elle était consentante. Un procès retentissant s'ensuit, qui passionne la presse et l'opinion publique, sous l'égide d'un juge médiatique, excité par la personnalité de son « client » : c'est ce procès qui conduit Polanski à s'exiler à Londres, puis en France – il est citoyen français depuis 1976.

Suite de l'article et vidéos de l'époque ici : http://www.telerama.fr/cinema/roman-polanski-wanted-and-arrested,47477.php

lundi 28 septembre 2009

Vedettes de stars

Débat sur l'orthographe

Article lu sur Le Post :

"Alors vous, mes z'amis (le temps que j'y pense, arrêtez de me faire remarquer que l'on écrit les amis et pas "les z'amis", mes lacunes ont des limites, comme ma blonditude), l'orthographe et vous, ça donne quoi ?


Alors, selon vous, la fote à qui ?

A quoi ?

La nouvelle génération est-elle trop informatisée ou trop textotée ?

Les bases ne sont pas acquises, mais pourquoi ?

Classes surchargées ou désintérêt ?

La suppression des devoirs à la maison est-elle, selon vous, une cause de ces lacunes ?

Et la suppression des punitions à l'école ?

(oui quand j'étais petite, si l'on faisait une faute, on devait copier 50 fois le mot, ça ne m'a pas beaucoup aidée mais bon, je pose quand même la question)

Êtes-vous pour une simplification de l'orthographe ?

Et pourquoi ?

Le journaliste-écrivain François de Closets déclare dans le Parisien : " Si l’orthographe était éliminatoire au bac, on aurait seulement 30 ou 40 % de réussite !".

Êtes-vous d'accord ?



Ma réponse (postée sur Le Post) :

La nature même de ce débat est aussi désolante que déprimante... Si je suis fier d'être né dans ce pays, c'est bien moins pour la Marseillaise que pour la richesse à nulle autre pareille de notre langue, reconnue et enviée dans le monde entier. L'orthographe, c'est de la musique, c'est une symphonie des lettres. Alors oui, tout le monde a le droit de jouer comme il veut, sans partition et sans solfège, mais franchement, il est assez rare de séduire et de donner naissance au frisson sans une certaine maîtrise de l'art. J'ai 38 ans, j'ai grandi avec des gens de toutes les couleurs, avec le verlan, avec des caille-ra, j'ai fumé de l'herbe pendant les répèt' au Stud, j'ai "niqué sa mère" à l'administration répressive, mais jamais, jamais je n'ai pu manquer de respect à l'orthographe. Peut-être parce que j'avais la chance d'y être bon, ou que je m'étais donné cette chance, en lisant beaucoup, en étant curieux, du mot, de l'esprit. Mr de Closet me fait doucement sourire avec sa déclaration de guerre à l'orthographe. Ca me paraît même un peu prétentieux. Alors parce qu'il a du mal avec l'anacoluthe ou l'anaphore, avec les cuisseaux ou les cuissots, il faudrait écrire comme il l'entend ? Sauf que par là, on n'entend pas très bien François voyez-vous... Je trouve qu'il n'y a rien de pire, de plus inésthétique que cette mode du texto qui impose le "ki sé ka di sa ?" . C'est ridicule, enfantin, moche, et surtout paresseux. Et je crois que c'est un peu le mal de ce nouveau siècle. Se foutre de la gueule de la langue de La Fontaine ou Molière, c'est le fruit d'une fantastique paresse intellectuelle, cultivée par l'immédiateté du Net, et le besoin toujours plus fort de gagner des secondes en tuant le lyrisme, sacrifié sur l'autel du portable (oui, Kevin, mets "hôtel' si tu veux... On s'en fout, tu ne comprendras pas plus l'expression...).


Alors, cher François, chers tous, prenez le temps de tourner sept fois votre langue avant de l'écrire, ça vaut le coup. Vrément.


Franck Pelé

Autoportrait Willy Ronis


Un cinéaste au fond des yeux : Milos Forman

Quel est le dernier film qui vous ait fait pleurer ? Un gros plan qui vous subjugue ? Un film au-dessus des autres ? C’est un questionnaire intime, cinéphile, soumis à des réalisateurs qui nous sont chers pour mieux cerner la passion qui les anime. Aujourd’hui, gros plan sur Milos Forman, dont trois brillantes œuvres de jeunesse, période tchécoslovaque pré-printemps de Prague, ressortent en salles.

C'est ici : http://www.telerama.fr/cinema/questionnaire-forman,47226.php


jeudi 24 septembre 2009

Et de la caméra de D.A. Pennebaker surgit Janis Joplin




Alors qu’il venait de tourner De battre mon cœur s’est arrêté et qu’on l’interrogeait sur ses goûts, Jacques Audiard nous avait longuement parlé d’une scène de Monterey Pop qui représentait pour lui un exemple absolu de la puissance et de la grâce du cinéma, l’instant précieux où deux forces se joignent et où une star vient au monde sous le regard d’un réalisateur. Dans cette scène, que vous allez découvrir un peu plus bas, D.A. Pennebaker enregistre ce basculement avec une intensité rare. La jeune femme qui y fait son entrée en scène est encore inconnue. Elle débarque du Texas et donne des concerts dans les clubs de San Francisco. Les organisateurs du festival de Monterey l’ont programmé en début d’après-midi, mais sa performance est un choc, et son nom va courir sur toutes les lèvres. Janis Joplin naît à Monterey, et l’œil de Pennebaker, sa patience, son attention délicate, son sens du rythme et du détail, font de cet instant un moment rare dans l’histoire du rock et du cinéma.

article intégral et vidéo ici : http://www.telerama.fr/cinema/pennebaker,47426.php

Hôtel Woodstock (Taking Woodstock)


1969. Elliot traverse une mauvaise passe financière et doit retourner vivre chez ses parents, dans le nord de l’État de New York. Là, il tente de reprendre en main la gestion de leur motel délabré, mais la situation est catastrophique. C’est alors qu’une bourgade voisine refuse d’accueillir un festival de musique hippie ; voyant là une opportunité inespérée, Elliott appelle les producteurs. Trois semaines plus tard, 500 000 personnes envahissent le champ de son voisin et c’est le début d’une aventure qui va changer sa vie et celle d’une génération toute entière.

L'anniversaire du festival de Woodstock (du 15 au 18 août 1969) a fait refleurir cet été les témoignages des éternels « j'y étais ». Les plus stupéfiants, si l'on ose dire, viennent de ceux qui, restés sur place après le concert pour le grand nettoyage, ne sont finalement jamais repartis et ont fait leur vie là. Pour toujours sous le charme de l'événement et du symbole. Voués au culte de ces « trois jours de paix, de musique et d'amour ». Woodstock bigger than life, plus grand que les vies de ses quelque 500 000 participants...

A rebours de cet absolu commémoratif, l'audace discrète d'Ang Lee consiste à réduire le grand festival hippie à la seule histoire de ses coulisses. A faire du concert lui-même une sorte d'angle mort. Et de l'événement un déclic intime plus qu'une apothéose dans la vie du personnage principal. Elliot Tiber (l'atypique Demetri Martin, petit prodige du one-man-show) est l'homme qui a...

suite de l'article ici : http://www.telerama.fr/cinema/films/hotel-woodstock,388627,critique.php